FORMIDABLE !

La Promesse d'un tournant

 

Pour la troisième année consécutive, la Journée Nationale de Prière avait lieu à Brugg AG. Un plan sanitaire strict a permis de rassembler pas loin d’un millier de fidèles. Moment fort de la journée, un renouvellement de l’alliance conclue sur le Grütli par les fondateurs de la Suisse.

Le plus grand rassemblement du 1er août cette année aura appartenu aux chrétiens! 840° fidèles se sont retrouvés sur le pré du Bruggerschachen, en Argovie. Depuis trois ans que la Journée Nationale de Prière s’y tenait, l’organisateur Prière pour la Suisse s’était habitué à accueillir plus de deux mille participants. Cette année, pour cause de Covid, un maximum de mille avait été fixé par le canton d’Argovie.

Secteurs de cent personnes

Parmi les mesures sanitaires préventives, les participants avaient été préalablement répartis par centaines et par groupements de cantons dans de vastes zones dont ils ne devaient pas sortir. Inscrits à l’avance, ils étaient également filtrés et contrôlés à l’entrée du Bruggerschachen ainsi qu’à l’entrée des différents secteurs. Le port du masque était recommandé en tous temps et exigé pour les déplacements. Ces mesures, bien suivies par les participants, n’ont pas empêché le bon déroulement du programme.

Longue préparation priante

«Si tu as la foi de Dieu, tu sais que cette journée a le potentiel de changer l’Europe», déclarait d’emblée le responsable national de Prière pour la Suisse depuis 2011, Hans-Peter Lang, habitant de l’Argovie et ancien entrepreneur social. Les attentes étaient en effet élevées de la part des organisateurs, lesquels se retrouvaient déjà depuis neuf semaines sur place, tous les lundis soirs, pour préparer les lieux dans la prière.

Météo idéale

«On avait prié pour des nuages, on les a!», saluait également Hanspeter Lang. La météo a en effet été l’un des points forts de cette journée. Lourde par moments, radieuse à d’autres, chaud mais avec un petit vent rafraichissant, seules quelques gouttes sont venues rafraîchir les participants. Rappels des consignes sanitaires, chants en deux langues animés par un groupe genevois, temps de prière en petits groupes introduits par les modérateurs de la journée, reconnaissance et pénitence (repentance) étaient au menu de cette journée de prière.

Pénitence

Après une matinée très calme, le morceau de résistance était pour l’après-midi. Hans-Peter Lang a introduit les prières de pénitence en évoquant la mise à l’écart des ordonnances divines dans la société suisse depuis une génération. Et d’évoquer tour à tour l’entrée dans l’ONU et l’alignement sur la politique fortement anti-israélienne de cet organe, la solution des délais, la théorie du genre reconnue officiellement en 2005 et tout dernièrement, le vote parlementaire en faveur du mariage pour tous, et d'autres transgressions. «Nous avons laissé faire tout cela, concluait Hans-Peter Lang. Comme Laodicée, l’Eglise de Suisse est riche mais tiède.»

«C’est pour ce moment de repentance que cette manifestation a été autorisée alors que presque tout a été annulé dans les calendriers en ce jour de fête nationale», affirmait encore le responsable national de Prière pour la Suisse.

Final grandiose

Réponse à la rupture de l’alliance conclue au nom du Dieu Tout-Puissant en 1291, ladite alliance* a été renouvelée pour finir. Les porteurs de drapeaux cantonaux** se sont rassemblés en cercle alors que Hans-Peter Lang proclamait un pacte fédéral dans lequel quelques formulations avaient été retouchées, en guise de serment au nom des cantons suisses dont un représentant de chacun se tenait devant lui. Et d’annoncer un avenir fait à la fois de témoignage et de responsabilité renouvelée pour les chrétiens présents, notamment dans l’accueil de réfugiés en nombre, et d’opposition ainsi que de difficultés croissantes pour ceux qui choisiront d’être fidèles à Dieu. Ce fut l’apothéose d’une journée en tous points réussie, laquelle s’est conclue par le Cantique suisse chanté intégralement avec ses strophes.

Joël Reymond

notes

*Confédération, alliance et pacte (fédéral) sont en allemand un même mot: Bund, qui permet de lui donner à la fois un sens politique et spirituel (biblique). En français, la correspondance est perdue.

**porteurs de drapeaux cantonaux: Prière pour la Suisse est un réseau national basé sur des intercesseurs communaux et cantonaux, lesquels possèdent et utilisent une réplique de leur drapeau communal et cantonal comme un signe visible de leur intercession fidèle et soutenue en faveur de leur commune et canton d’appartenance.

UNE JOURNEE COMME AU TEMPLE DE JERUSALEM

D’Aarau à Brugg : la journée nationale de prière du 1er Août a déménagé de quelques kilomètres mais c’est bien dans la lancée d’un pièce en trois actes qu’elle s’est terminée. Hanspeter Lang, directeur national, rappelait en début d’après-midi un rite de consécration surprenant de l’ancien Israël, par lequel on marquait, avec le sang d’un bélier, l’oreille, le pouce de la main et le pouce du pied du grand-prêtre (Lev. 8,22-24). «Lors de la Journée nationale de 2017, Dieu a sanctifié nos pieds, nous avons vécu une marche de prière ; en 2018, c’était nos mains, que nous avons purifiées dans la repentance ; cette année : nos oreilles ! Nous voulons réentendre la Parole et réentendre Jésus. Que Dieu nous réveille de notre torpeur, de notre autosatisfaction religieuse, Dieu ne veut pas nos belles œuvres, il veut notre cœur !»

Joël Reymond

Des processions bien comprises
Les attentes étaient élevées par cette journée 2019 et le Seigneur les a honorées. De l’avis partagé, ce sont les deux proclamations de prière de l’après-midi autour de la Croix, dressée sur la place herbée, qui ont été les moments les plus transformateurs. Les processions de trompettes et de drapeaux qui les précédaient ont été comprises et même saluées par le public majoritairement protestant. «Nous procédons comme pour la prise de Jéricho», expliquait Hanspeter Lang. Quand le symbole est l’expression d’une réalité invisible à l’œuvre cela rend la sainteté palpable.

Le peuple et ses composantes rassemblés autour de la Croix
La première proclamation a réuni pasteurs, bergers et autres responsables d’œuvres, entourés physiquement et spirituellement par le reste de l’assemblée afin d’être bénis et libérés. «Nous proclamons la fin des murs de séparation, de religiosité, la pression parfois injuste sur vous. Repartez libres de tout cela !». Une deuxième proclamation invitait les jeunes à s’assembler à leur tour et les aînés à les entourer, à croire en eux et à les bénir. «Nous vous autorisons à être fous pour Jésus ! Nous relâchons les couleurs et la créativité de Dieu sur vous»

Impressionnante maturité
L’avenir dira l’efficacité de ces proclamations, mais l’intensité hors du commun vécue dans la prière, la communion et la puissance ressenties nous assurent que ces paroles de foi ont atteint leur but sur terre et dans le ciel.

La Journée Nationale de Prière a atteint une impressionnante maturité – à la fois sereine, festive et conviviale dans son ambiance, solennelle dans son vécu et riche dans son recours aux symboles, drapeaux, oriflammes, shofarim, un vrai culte dans le sens du Temple de Jérusalem tel que l’Ecriture nous permet de nous représenter, avec le chant, la danse et l’intercession. On attend la suite !

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